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Grace, première dame et pasionaria acharnée de Robert Mugabe

Grace, première dame et pasionaria acharnée de Robert Mugabe

Zimbabwe

Longtemps vue comme une femme sans relief intéressée par le seul luxe, Grace Mugabe a émergé comme l’un des principaux prétendants à la succession de son nonagénaire de mari, le controversé président du Zimbabwe Robert Mugabe.

A 52 ans, son influence sur son mari, à la santé vacillante, et ses caprices en font une première dame très redoutée.

Son tempérament de feu s’est encore illustré ce week-end en Afrique du Sud, où elle est soupçonnée d’avoir agressé un mannequin dans un hôtel de Johannesburg.

Depuis trois ans, elle dirige la branche féminine de la Zanu-PF, le parti de Robert Mugabe au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, et parcourt le pays en fustigeant tous ceux qui ne se rangent pas derrière le chef de l’Etat.

En 2015, elle a affirmé que son époux briguerait sa succession en 2018 quoi qu’il arrive, même en chaise roulante.

Les observateurs de la vie politique locale la disent soutenue par un groupe de jeunes militants réputé pour ses actions violentes, baptisé par certains le “G – 40”.

L’idylle entre le maître incontesté du Zimbabwe et Grace Mugabe s’est semble-t-il nouée en 1987, alors que la jeune femme n‘était encore qu’une de ses nombreuses secrétaires.

Leur liaison n’est révélée qu‘à la mort de la première épouse de Robert Mugabe en 1992.

Le couple l’officialise alors en 1996 lors d’une luxueuse cérémonie à laquelle participe le président sud-africain de l‘époque et héros de la lutte anti-apartheid Nelson Mandela.

Longtemps, Grace s’est contentée de jouer les premières dames de luxe. Baptisée “Gucci Grace”, “la première acheteuse” ou encore “Disgrace”, elle s’attire les critiques pour ses extravagantes dépenses et un goût prononcé pour les affaires financières.

‘J’ai la peau dure’

De plus en plus puissante, elle s’invite avec fracas sur la scène politique nationale il y a trois ans en s’en prenant publiquement à la vice-présidente de l‘époque, Joice Mujuru, alors pressentie pour prendre la relève de son mari.

Sans détour, la première dame l’accuse de complot et de corruption et précipite la disgrâce de celle qui était pourtant l’une des héroïnes historiques de la guerre d’indépendance.

Née le 23 juillet 1965, Grace Marufu a eu trois enfants avec Robert Mugabe, de 41 ans son aîné, et un quatrième d’un précédent mariage.

Ses coups de colère sont célèbres. Comme en 2009, où elle frappe un photographe britannique qui prenait des photos d’elles dans un hôtel de luxe à Hong Kong.

Lors d’un entretien accordé depuis à la télévision publique sud-africaine SABC, elle a assuré ne plus se préoccuper de ce que les autres pensent d’elle. “J’ai la peau dure, ça m’est égal”, dit-elle, “mon mari dit que l’ignorance est source de félicité”.

La première dame du Zimbabwe a toutefois fait récemment des efforts pour tenter d’adoucir son image. Ses inconditionnels la surnomment désormais “Dr Amai (Docteur Mère)”, “l’unificatrice” ou encore “la reine des reines”.

Mais le commentateur politique Earnest Mudzengi juge ces efforts vains et assure que la personnalité de Grace Mugabe reste très controversée au sein-même de la Zanu-PF au pouvoir.

“Elle s’est fait beaucoup d’ennemis et continue encore à s’en faire à l’heure actuelle, il suffit de regarder l’ampleur des purges au sein de la Zanu-PF”, note-t-il.

“Elle n’a pas de base populaire et détonne au sein des dirigeants du parti”, poursuit M. Mudzengi, “normalement ils se recrutent parmi les combattants historiques du parti ou doivent avoir travaillé sans relâche pour lui”.

Certains analystes doutent toutefois qu’elle ambitionne la succession directe de Robert Mugabe. Ils ne veulent voir dans sa récente omniprésence que la volonté de protéger les intérêts de sa famille après le départ du chef de l’Etat.

AFP
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