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Gabon : un dirigeant syndical menacé de poursuites pour avoir déclaré que Bongo était mort

Gabon : un dirigeant syndical menacé de poursuites pour avoir déclaré que Bongo était mort

Gabon

Le gouvernement gabonais a menacé jeudi l’un des principaux leaders syndicaux au Gabon “de poursuites pénales” pour avoir déclaré que le président Ali Bongo Ondimba, victime fin octobre d’un AVC dont il se remet actuellement, était mort.

Le président de Dynamique unitaire (DU), principale coalition syndicale du pays, Jean Rémy Yama, avait déclaré au cours d’une conférence de presse mardi que son organisation “avait l’intime conviction que le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba est mort. Il n’existe plus”.

“L’attitude affichée” par Jean Rémy Yama “l’expose à des poursuites pénales pour propagation de fausses informations”, a déclaré le ministre de l’Intérieur et de la Justice du Gabon, Edgar Anicet Mboumbou Miyakou, dans un communiqué publié jeudi matin.

Les propos de M. Yama dénotent “une volonté manifeste de créer le trouble et la confusion dans l’esprit de la population”, a déclaré le ministre.

Le gouvernement “condamne avec fermeté cette volonté (…) de défier l’autorité de l’Etat”.

Au lendemain de cette déclaration de M. Yama, des policiers “lourdement armés” se disant “envoyés par le procureur de la République” ont investi le domicile du syndicaliste, “fouillant toutes les pièces” de son domicile, a affirmé mercredi Dynamique unitaire dans un communiqué.

“Au moment des faits, Jean Remy Yama était absent de Libreville. Il s’agissait purement et simplement d’une tentative d’enlèvement et d’assassinat” accuse l’organisation syndicale.

Jeudi, “Appel à agir”, un collectif d’opposants, a affiché son soutien à M. Yama, exprimant “sa vive inquiétude” et appelant “au respect des droits civils et politiques” du dirigeant syndical.

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Le président Bongo a été victime fin octobre 2018 d’un accident vasculaire-cérébral dont il se remet actuellement.

Après cinq mois de convalescence à l‘étranger, Ali Bongo est rentré le 23 mars à Libreville pour un “retour définitif”.

Ce retour devait notamment faire taire l’opposition qui réclamait que la vacance du pouvoir soit déclarée et s’interrogeait sur la capacité du président Bongo à diriger le pays.

Le président a alors multiplié les entretiens au palais de Libreville avec des chefs d’Etat africains, dont les présidents sénégalais et ivoirien, Macky Sall et Alassane Ouattara.

Après cinq mois de silence, il s’est finalement exprimé le 8 juin dernier demandant à son Premier ministre de procéder à un remaniement, dans un discours enregistré et diffusé à la télévision.

Cinq jour plus tard, il a tenu un conseil des ministres avec son nouveau gouvernement.

Depuis cette date, l’activité du président de la République n’a plus été rendue publique.

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AFP

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