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L'onyxectomie, cette pratique décriée qui consiste à ''dégriffer'' les chats

L'onyxectomie, cette pratique décriée qui consiste à ''dégriffer'' les chats

Etats-Unis

L’onyxectomie est une pratique vieille comme l’humanité. Elle consiste au dégriffage des chats. Des voix s‘élèvent de plus en plus contre l’onyxectomie, considérée comme barbare, médicalement inutile et dangereuse pour ces petits félins très prisés comme animaux de compagnie. Les détails.

L’onyxectomie est une pratique qui consiste à amputer les dernières phalanges du chat. La raison majeure de cette pratique étant d’empêcher le petit félin de griffer, comportement qui lui est pourtant bien intrinsèque. Une fois l’opération faite, l’animal reste dépourvu de griffes pour le restant de ses jours.

Pour certains, avoir recours à l’onyxectomie leur permet d‘éviter de se faire griffer par les chats. Pour d’autres, il s’agit de garder leurs meubles et autres moquettes intacts, évitant ainsi d’y voir des griffures de matou.

En interdisant cette pratique archaïque, nous nous assurons que les animaux ne subiront plus ces interventions inhumaines et superflues.

Une pratique toutefois considérée comme dangereuse pour les chats, si l’on se réfère aux dires des spécialistes qui se sont penchés sur la question.

De graves conséquences pour la santé des chats

Selon eux, cette pratique provoque chez ces petits félins des douleurs au dos, la perte de l’équilibre (l’équilibre étant primordial pour tout chat, surtout en termes de chasse, NDLR), des troubles du comportement et bien plus encore.

Au vu de tous ces torts causés aux chats, pas moins de quarante pays se sont lancés dans une vague d’interdictions de l’onyxectomie, dont 24 européens en 2004. L’initiative a pris corps lors de la convention européenne des droits pour la protection des animaux de compagnie, adoptée en 1987 par le Conseil de l’Europe.

Les Etats-Unis ont emboîté ce lundi le pas à ces pays avec l’Etat de New York, premier Etat américain à interdire la pratique. Cette interdiction avait été votée par le Parlement new-yorkais en juin dernier. Pour précision, l’onyxectomie est depuis longtemps interdite dans de nombreuses villes des Etats-Unis, mais, avant l’Etat de New York, aucun autre Etat n’avait interdit le dégriffage des petits félins.

S’exprimant dans un communiqué, Andrew Cuomo, le gouverneur de l’Etat de New York, a fait savoir que “Le dégriffage est une opération cruelle et douloureuse qui peut entraîner des problèmes physiques et comportementaux pour des animaux sans défense”.

Et le gouverneur de poursuivre : “En interdisant cette pratique archaïque, nous nous assurons que les animaux ne subiront plus ces interventions inhumaines et superflues.”

Une interdiction accompagnée d’une condition

Linda Rosenthal, élue à l’assemblée de l’Etat de New York, est à l’origine du texte. Elle est ici citée dans le communiqué du gouverneur : “Nous espérons que d’autres Etats (américains) suivront prochainement.”

Mais dans le texte ratifié par le Parlement new-yorkais, il ne s’agit pas pour autant de la fin de l’onyxectomie. En effet, celle-ci reste en vigueur pour raisons médicales. En d’autres termes, l’opération aura cours s’il y a un risque de santé observé chez le chat.

Pour les pro-onyxectomie, cette opération lourde est nécessaire dans la mesure où elle permet d‘éviter l’abandon de chats par leurs maîtres, qui les jettent à la rue parce que ne pouvant pas les empêcher de griffer. D’autres chats sont carrément euthanasiés pour la même raison.

Même son de cloche pour l’association des vétérinaires de New York, qui s’est opposée au texte du Parlement. Cette association défend son droit à la pratique de l’onyxectomie, arguant certaines conditions pour la pratiquer.

Quant aux défenseurs des animaux, ils ne se sont pas fait prier pôur ‘‘twitter’‘ un vigoureux “Victoire !” balancé sur le réseau social (Twitter) par l’association de défense des animaux PETA.

D’après des chiffres de 2017-2018 provenant de l’AVMA, l’Association américaine des vétérinaires, 25 % de foyers américains ont un chat. Ce qui donne le nombre de plus de 30 millions de matous au pays de l’Oncle Sam.

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