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Hiroshi Karube : « Avec l'Afrique, le Japon souhaite que les secteurs public et privé soient liés »

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Le Japon souhaite réorienter ses relations avec l’Afrique. En misant davantage sur les affaires. Peu avant la TICAD 7, William Bayiha est allé à la rencontre de l’ambassadeur du Japon en RDC pour comprendre comment cette nouvelle politique va se déployer non seulement, dans le pays, mais aussi, sur le continent.

Le Japon accueille l’Afrique dans le cadre de la TICAD ; et la RDC est l’un des principaux bénéficiaires de la TICAD, n serait-ce qu’en Afrique francophone. Alors est-ce que vous pouvez nous dresser le parcours, ou bien l’historique des relations entre l’Afrique et le Japon – ne serait-ce qu’en termes de priorités ?

Le Japon souhaite que les secteurs public et privé soient étroitement liés ; et espère qu’ils pourront, ensemble, déployer des efforts pour développer l’Afrique avec cette opportunité de la TICAD 7. Donc, la priorité de la TICAD 7 est le renforcement des relations entre l’Afrique et le Japon, mais aussi la participation du secteur privé au développement de l’Afrique.

En ce qui concerne la République démocratique du Congo. C’est la première fois que la République démocratique du Congo sera représentée à la TICAD par le président de la République. De ce fait, la TICAD 7 deviendra sans aucun doute, une nouvelle page pour le développement et le renforcement des relations entre la République démocratique du Congo et le Japon.

Monsieur l’Ambassadeur, lors de la TICAD 6, le Japon a promis 30 milliards de dollars pour le développement de l’Afrique. Je voudrais savoir, dans ces 30 milliards de dollars, qu’est-ce qui a été fait spécifiquement sur le terrain en République démocratique du Congo.

En République démocratique du Congo, le Japon a réalisé la construction de l’INPP (Institut national de Préparation professionnelle) de la province du Haut Katanga, l’INRB (Institut national de Recherche biomédicale) et la salle de judo de la ville de Kinshasa et des autres. Ce sont des projets liés aux infrastructures, à la résilience du système de santé et la stabilisation sociale. L’année dernière, nous avons signé l‘échange de notes avec le ministre des Affaires étrangères, Son Excellence She Okintundi, à l‘époque concernant la fourniture du matériel d’entretien des routes. En outre, la JICA a dépêché des experts japonais auprès du ministère de la Santé, l’INRB, l’OVD (Office des voiries et des drainages) et l’INPP pour fournir des conseillers techniques.

Je voudrais revenir sur la géographie des investissements japonais en Afrique. Le Japon investit en priorité en Afrique du Sud, en Égypte, au Nigeria. Je voudrais savoir s’il y a un problème particulier avec l’Afrique francophone. Je voudrais savoir pourquoi le Japon n’investit pas autant en Afrique francophone qu’ailleurs – en Afrique anglophone ou arabophone ?

C’est un problème pour le Japon aussi. Dans le système d‘éducation japonais, la première langue d‘éducation est l’anglais. Tous les pays que vous avez mentionnés sont des pays anglophones. La lenteur des investissements du Japon dans les pays francophones ne peut se justifier que par les problèmes de la langue. Pour le Japon, le défi consiste à augmenter le nombre de personnel francophone, plutôt que de se disputer la petite partie des Japonais qui parlent français dans le secteur public et privé.

« La TICAD 7 sera une bonne opportunité pour les PME africaines »

Comment les PME africaines – et japonaises d’ailleurs – peuvent bénéficier de la prochaine TICAD qui sera orientée « Économie » ?

À Yokohama, il y aura une occasion pour permettre, non seulement la rencontre des officiels japonais et africains, mais aussi celle des secteurs public-privé et privé-privé. Les entreprises japonaises sont impatientes de voir les entreprises africaines prendre part à la TICAD. J’aimerais que les PME congolaises s’approprient du savoir faire des PME japonaises. De plus, j’aimerais qu’elles aient une chance de démarrer une activité ou un projet avant de quitter le Japon. Je suis sûr que la TICAD 7 sera une bonne opportunité pour les PME africaines et japonaises de nouer des relations plus avancées.

Un changement d’orientation alors que le Japon a toujours misé sur le développement de l’Afrique. Est-ce qu’on peut s’imaginer que ça va changer ; qu’il y aura un peu plus de politique ; est-ce que le Japon va avoir un peu plus de prises de position politiques dans l’avenir ?

Le Japon respecte la population africaine. La politique de la République démocratique du Congo est déterminée par elle-même. Et le Japon n’a ni le droit de le dire, ni l’intention de le dire. Toutefois, s’il nous est demandé un conseil, nous sommes toujours prêts à répondre. Le Japon soutiendra le développement économique de la République du Congo dans la réalisation des politiques décidées par elle-même. Le Japon ne commencera à envisager une assistance que lorsque une requête spécifique est introduite par des pays partenaires. Ce que le Japon peut dire, même après la TICAD, c’est qu’il continuera de travailler avec les pays africains et les partenaires internationaux et poursuivra ses efforts en faveur du développement de l’Afrique.

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