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À Madagascar, des mesures restrictives post-covid divisent

Mada   -  
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Covid-19

Après plus de 5 mois de confinement, Esther a enfin repris le travail. La mère de famille gagne peu : environ 150 FCFA (1000 ariary) par jour en vendant des pailles de fer. Des bénéfices faibles qui lui permettent néanmoins de nourrir ses deux enfants. Mais aujourd’hui, la mairie lui interdit de vendre ses marchandises dans la rue ou elle devra payer une amende de 7200 Franc CFA.

“On était surendettés durant le confinement, les marchands de rue ne pouvaient pas vendre leurs marchandises. Et maintenant, on arrive à vendre un peu / Alors que si je reçois une amende de 7200 FCFA (50 000 Ariary), avec quoi vous voulez que je paie cette amende alors que je vends des pailles de fer à 30 FCFA (200 Ariary) ?”

Habiter dans une maison en ruine, jeter ses ordures sur le trottoir ou encore faire ses besoins dans la rue sont désormais interdits par le nouveau code de l’hygiène qui comprend 69 règles. En cas d’infraction, les amendes peuvent aller jusqu’à 730 000 FCFA (5 000 000 d’ariary). René est mécanicien de rue depuis 15 ans, continuer son travail peut désormais lui coûter 45000 FCFA (300 000 Ariary).

“Cette loi va inciter encore plus les habitants à devenir des criminels parce que les mécaniciens et les personnes qui travaillent au bord de la route sont des milliers. C’est avec ce travail qu’ils font vivre leurs familles.”, prédit René, lui-même mécanicien.

Pour Felana, impossible de respecter toutes les nouvelles mesures. Si son chien aboie la nuit de façon répétée, elle devra payer une amende de 7200 FCFA (50 000 Ariary), ce qu’elle refuse.

“Je ne sais pas l’heure à laquelle mon chien peut aboyer, je ne sais pas si dès que mon chien aboie une fois je paye l’amende de 7200 FCFA (50 000 Ariary) ou c’est seulement la nuit qu’il ne doit pas aboyer ?“

Pour répondre aux interrogations de la population, la mairie va former près de 150 agents. Des policiers, gendarmes et responsables municipaux seront chargés de prévenir la population avant de pénaliser.

“C’est une mesure dissuasive pour avoir un sentiment de mieux-vivre ensemble. C’est-à-dire qu’il faut avoir des règles d’hygiène. Des règles d’hygiène c’est clair, on en a vu avec la pandémie qui s’est passé là et il y en a d’autres aussi comme la peste, le choléra. Si les rues sont sales, si personne ne prend l’engagement, la commune fait son travail mais le citoyen doit aussi avoir son devoir et sa redevabilité.”, rassure Tsiresy Rabeharisoa, Directeur de la communication de la commune.

La mairie d’Antananarivo s’est donnée 2 mois pour convaincre la population de l’utilité de ces nouvelles mesures. Une tâche qui s'annonce difficile, il y a quelques jours, une centaine de marchands de rue ont manifesté contre l’application de ce nouveau code municipal d’hygiène.