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#ENDSARS "Justice doit être rendue au NIgéria"

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Violences policières

#EndSARSNow : ENTRETIEN AVEC OSAI OJIGHO, DIRECTRICE D'AMNESTY NIGERIA

Le mouvement contre la brutalité policière #EndSARSNow qui a vu la jeunesse nigériane descendre dans la rue ces deux dernières semaines, a dégénéré mardi soir alors que les forces de sécurité armées ouvraient le feu sur un groupe de manifestants à Lekki, ville de Lagos.

Le nombre exact de blessés et de morts n'a pas encore été confirmé.

Alors qu'Amnesty International s'efforce d'obtenir le bilan exact du nombre de blessés et de morts, Kizzi Asala s'est entretenue avec Osai Ojigho, Directrice d'Amnesty International Nigeria. L'organisation aurait reçu des "preuves crédibles mais inquiétantes d'un usage excessif de la force ayant causé la mort de manifestants au péage de Lekki à Lagos".

Osai Ojigho : Les témoignages que nous avons récoltés la nuit dernière, les opinions que nous avons obtenues et les diverses autres sources qui ont été partagées indiquent qu'il s'agissait d'officiers militaires. Il est donc important qu'ils enquêtent réellement sur cette affaire et qu'ils découvrent ce qui s'est passé. Que faisaient-ils là-bas ? Étaient-ils là pour protéger les manifestants ? Étaient-ils là pour empêcher que la situation ne dégénère ? Ont-ils reçu l'ordre de tirer sur des personnes non armées ? Il serait important que les autorités donnent cette information aujourd'hui. Mais pour nous, ce qui est certain, c'est que des civils sont morts, des personnes ont été blessées, et la justice doit être rendue.

Obtenir justice, oui. Mais comment ? L'avocate des Droits de l'Homme décrit les voies juridiques à suivre.

Osai Ojigho : La première étape, c'est d'établir la culpabilité individuelle des officiers et des commandants qui ont effectivement perpétré ces actes de violence contre les manifestants et la population. Parce que ce ne sont pas seulement les manifestants qui ont été touchés. Plus tôt dans les cortèges, des personnes qui ne faisaient pas partie des manifestants ont également été touchées par des balles perdues.

La deuxième, c'est que le Nigeria doit reconnaître qu'il a l'obligation internationale, en vertu du Droit international des Droits de l'Homme, de garantir la sécurité des personnes sur son territoire.

Le président Muhammadu Buhari avait publié la semaine dernière une déclaration dénonçant l'usage excessif de la force par la police. Alors que le mouvement de contestation se poursuit, beaucoup se questionnent quant au silence des pays africains voisins.

Osai Ojigho : Il serait bon de voir les dirigeants politiques de l'Union Africaine et de la Cédéao prendre la parole pour dire : "Nigeria, nous voyons ce qui se passe. Vous devez prêcher la non-violence". Ce n'est pas le moment de se taire.

La jeunesse nigériane n'entend pas du tout se laisser intimider bien au contraire, elle continue d'élever la voix, sans être découragée par la brutalité policière à laquelle elle cherche à mettre fin dans le pays. Une résilience que salue Osai Ojigho.

Osai Ojigho : concernant les événements de ces deux dernières semaines, d'une part, cela a été inspirant de voir tout ce monde sortir pour s'exprimer. Le soutien massif qu'ils ont reçu dans le monde entier leur a ouvert les yeux et leur a donné le sentiment positif que les Nigérians se battent pour leurs droits et qu'ils ne craignent pas de mettre le pouvoir face à ses responsabilités.