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Faustin Archange Touadéra, une légitimité à reconquérir ?

Faustin Archange Touadéra, une légitimité à reconquérir ?
Touadera   -  
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AP Photo

République Centrafricaine

La réélection du président centrafricain a été validée lundi par la Cour Constitutionnelle de son pays. Seulement, deux électeurs sur trois n’ont pas pu voter le 27 décembre. De quoi relancer le débat sur sa légitimité.

Selon le décompte final de la juridiction suprême du pays, le taux de participation à la présidentielle du 27 décembre a été de 35,25 %, loin des 76,31 % des inscrits annoncés le 4 janvier lorsque l'autorité nationale des élections avait déclaré provisoirement Touadéra réélu.

L’opposition est montée au créneau pour dénoncer un ‘’ président mal élu’’ dans un contexte trouble. Argument balayé par la présidente de la Cour pour qui, "Une partie du peuple centrafricain, en guerre, en a été empêchée par des actes de terreur et, malgré cela, le peuple a envoyé un message clair et fort à ceux qui les terrorisaient, à ceux qui lui disaient de ne pas aller voter et au monde entier".

Rejetant dans la foulée, les recours en annulation du scrutin de 13 des 16 opposants. Ils invoquaient des "fraudes massives" et l'impossibilité pour deux électeurs inscrits sur trois de se rendre aux urnes, lors de la présidentielle, en raison de l'insécurité, dans un pays où les plus puissants des groupes armés contrôlent deux tiers du territoire et ont déterré la hache de guerre le 17 décembre.

La marche vers la légitimité

Réélu, Faustin Archange Touadéra devra donc s’atteler à se débarrasser de l’image d’un président ‘’choisi par une portion congrue du peuple’’ qui lui colle donc à la peau. Mais comment rassurer la population dans un pays ou des pans entiers sont sous le joug des milices. Par un discours rassembleur, mais aussi par des actes. Alors que le défi sécuritaire pourrait être son principal cheval de bataille.

L’adhésion de la population pourrait dépendre de l’option qu’il mettra sur la table. Parmi les gestes attendus, l’attitude qu’il adoptera vis-à-vis d’Anicet Georges Dologuélé, arrivé deuxième à l’issue de la présidentielle avec 21,69 % des voix, mais aussi envers d’autres membres de l’opposition.

La réponse face aux rebelles est aussi attendue. Le régime bénéficie du soutien de la Minusca, des forces russes et rwandaises. Le président, jouera-t-il la carte du dialogue ? La question se pose.

Sur le plan social, des populations sont frappées au porte-monnaie. Les prix des denrées alimentaires importées ont augmenté de près de 240 %. Les déplacés internes ont besoin d’aide alors que ceux qui ont trouvé refuge hors des frontières ne sont pas mieux lotis. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés sollicitait la semaine dernière, environ 150 millions de dollars pour venir en aide à ces populations.

Bien plus qu’une affaire de chiffres, la quête de légitimité, si s’en est une, pour Archange Touadéra passera par des réponses aux défis auxquels son pays fait face.

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