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Sahel : la France veut intensifier la lutte contre Al-Qaïda

Le président français Emmanuel Macron.   -  
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FRANCOIS MORI/AFP

G5 Sahel

Le président français Emmanuel Macron a appelé à "décapiter" les groupes affiliés à l'organisation djihadiste Al-Qaïda , qui constituent toujours une menace dans la région.

Le président français a beau ne pas être présent physiquement à N'Djamena pour le 7eme sommet du G5 Sahel, Emmanuel Macron tenait à s'adresser depuis Paris à ses alliés sahéliens dans la lutte contre le djihadisme. Pour le président français, il est crucial de maintenir la pression sur les groupes terroristes.

"Je pense aussi au RVIM [Rassemblement pour la victoire de l’islam et des musulmans] et à la Katiba Macima dont la plus haute hiérarchie continue de nourrir un agenda et une idéologie jihadiste et là dessus nous réengageons nos forces pour véritablement essayer d'aller décapiter ces organisations" a déclaré le président français.

Parmi les figures majeures du djihadisme que la France souhaite éliminer, Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa, deux piliers du Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM). Des chefs djihadistesqui ont la "responsabilité" de la "mort de milliers de civils" et de celle "de nos militaires sahéliens, européens et internationaux", a martelé Emmanuel Macron.

"En aucun cas des interlocuteurs" à surenchéri le chef de l'Etat, faisant référence à la tentative de dialogue amorcée par les autorités maliennes. Le pays s'était dit prêt courant 2020 à ouvrir des canaux de discussion avec ces groupes affiliés à Al-Qaïda, dont la katiba Macina. Des émissaires ont été envoyés vers Iyad Ag Ghaly et Amadou Koufa, sans succès.

Pas de réduction de Barkhane pour le moment

Mais plus que des promesses de combats, Emmanuel Macron a rassuré ses partenaires sahéliens: il n'y aura pas de réductions dans l'immédiat de la force anti-djihadiste Barkhane. Il y a encore quelques semaines, Paris envisageait un retour des 600 soldats envoyés en renfort au Sahel à la suite du Sommet de Pau, il y a un an.

L'EIGS, l'Etat Islamique au Grand Sahara avait alors été désigné ennemi numéro 1. Mais la perte d'influence du groupe djihadiste ne sonne pas l'heure de la retraite pour les soldats de Barkhane.

"Je considère que précipiter un retrait français, en tout cas une volonté de retirer massivement des hommes, serait une erreur. C’est le fruit des discussions que j’ai eues avec chacun des dirigeants, parce qu’ils en ont besoin aujourd’hui - c’est à la fois leur demande et nous fragiliserions leurs effort en faisant cela" a t-il déclaré durant une vidéo-conférence à la suite de son entretien avec les chefs d'Etat du G5 Sahel.

Le président français a cependant ouvert la voie à une baisse progressive de la présence militaire française. "Dans la durée et au delà de l'été, je souhaite qu'on travaille avec nos partenaires pour une évolution de notre présence", ininterrompue depuis huit ans et qui commence à être très critiquée, tant par les populations sahéliennes que par les français (une majorité d'entre eux s'opposait au maintien de troupes au Sahel dans un récent sondage).

Les contours de la nouvelle lutte contre les groupes djihadistes

Dans sa traque des combattants djihadistes de l'Etat Islamique au Grand Sahara et du Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM), la France devrait s'appuyer sur les troupes récemment déployées par le Tchad dans la zone des trois frontières. 1 200 soldats tchadiens qui auront pour mission de soutenir les troupes maliennes, nigériennes et burkinabé dans leurs opérations.

Mais la lutte va également s'intensifier avec l'arrivée de contingents européens dans la bande sahélienne: l'Estonie, la République Tchèque et la Suède ont déjà envoyé des militaires pour participer à la Task Force Takuba, un groupement de forces spéciales chargées de frapper les combattants des groupes armés de façon précise.

Mobilisation africaine

Lors de la cérémonie d'ouverture, l'ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères Cheick Tidiane Gadio a appelé à l'émergence d'une force africaine d'élite, capable de mener des opérations en soutien des armées nationales dans la zone des "Trois frontières", qui est aujourd'hui la plus touchée par les attaques des différents groupes sahéliens.

"Une armée africaine avec des troupes d'élite et des forces spéciales, bien équipée, bien entraînée, cette armée africaine doit entrer en urgence au Mali, appuyer les forces maliennes et ratisser tout le Sahel" avait demandé le sénégalais, aujourd'hui à la tête de l’Institut Panafricain de Stratégies.