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Mali : le grand oral d’Assimi Goïta devant la CEDEAO

Mali : le grand oral d’Assimi Goïta devant la CEDEAO
Le colonel Assimi Goita , lors de la cérémonie du 60e anniversaire de l'indépendance du Mali à Bamako, le 22 septembre 2020.   -  
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MICHELE CATTANI/AFP or licensors

Mali

Le nouveau président de la transition malienne est à Accra au Ghana où il tentera ce dimanche de convaincre les chefs d’Etats de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest de ‘’ cautionner’’ sa prise de pouvoir après la démission au forceps de son prédécesseur.

Pour le nouveau locataire du palais de Koulouba, le déplacement dans la capitale ghanéenne, le premier, depuis qu’il a hérité du costume du président de la transition, a valeur d’examen de passage. Comme un candidat devant ses examinateurs, Assimi Goïta tentera de justifier sa prise de pouvoir après un nouveau de coup de force perpétré contre le désormais ex-président Bah N’daw.

Un coup d’arrêt du processus de transition qui passe mal pour l’institution sous-régionale, tant elle viole la charte y relative. Même si l’intéressé a avancé des explications liées à la nécessité de préserver l’ordre dans le pays et des divergences nées du dernier remaniement du gouvernement. Il pourrait aussi brandir l’adhésion d’une partie sa population à son action. Des Maliens qui étaient dans les rues de Bamako vendredi pour soutenir la junte. Leurs voix comptent pourraient souligner les militaires .

Les cartes d'Assimi Goïta

Mais Goïta a aussi une autre carte, le feu vert de la Cour Constitutionnelle de son pays, de même que le soutien encore tacite d’une frange de l’opposition, dont le M5 qui n’attend plus que la nomination de son leader, Choguel Kokalla Maïga au poste de Premier ministre. L’enjeu principal aux yeux de ces acteurs politiques étant, l’organisation dans les délais des élections crédibles dans l'optique d'un retour des civils au pouvoir.

Or la CEDEAO a toujours fait du respect des normes établies, une règle sacro-sainte. Un principe inviolable qui fait craindre une remise en cause des prérogatives du nouveau ‘’ patron’’ malien. Il en avait déjà fait les frais lors de son coup d’Etat contre l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta. La pression de l'organisation l’ayant contraint à l’époque d'accepter, la mort dans l’âme,le poste de vice-président. Laissant filer la présidence obtenue au bout du fusil.

Jurisprudence malienne

Le cas malien, divisera-t-il la communauté ouest-africaine ou au contraire, ses chefs d’Etat seront-ils intransigeants face à ce colonel récidiviste. La décision d’Accra dépendra certainement de trois facteurs : la capacité d’Assimi Goïta à convaincre à travers ses arguments, le compte-rendu de la mission conduite par l’ex-président nigérian Goodluck Jonathan au nom de la CEDEAO et l’attitude des chefs d’Etat lors de ce sommet extraordinaire.

Mais les prises de position de l’Union Africaine et de certaines puissances occidentales pourraient aussi jouer un rôle décisif. Dans tous les cas, la jurisprudence sur ce dossier est très attendue.

Elle interviendra après celle, du Tchad, en Afrique Centrale. La CEDEAO a peut-être une formule hybride sinon intermédiaire, à même de relancer la transition au Mali sans altérité.

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