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Covid-19 : convaincre de se faire vacciner, le temps d'une coiffure

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OLIVIER DOULIERY/AFP or licensors

Etats-Unis

A Hyattsville, dans l'Etat du Maryland, un barbier a décidé de profiter des coupes de cheveux pour déconstruire les préjugés sur la COVID-19.

C'est un combat qu'il mène chaque jour. Aux Etats-Unis, dans la banlieue de la capitale Washington, Mike Brown lutte contre les fausses informations qui circulent sur la Covid-19. Malgré le fait que la communauté afro-américaine soit très touchée par le virus, la méfiance vis à vis des vaccins se fait toujours sentir chez ses clients de ce barbier.

"J'ai vu des posts fous, comme des gens qui se font vacciner, le visage penché sur le côté, et les gens ont l'air malade ou tout simplement s'évanouissent!" explique Kendrick Furbush, pendant que Mike Brown s'affaire, tondeuse à la main. "En voyant des choses comme ça, je me suis dit : "Ok, peut-être que ce n'est pas vrai. C'est peut-être un test, juste pour faire différents essais afin de voir quel vaccin est le meilleur".

Combattre la désinformation

A Washington, 75% des malades décédés de la Covid-19 appartiennent à la communauté afro-américaine. Des inégalités qui se transposent dans l'accès au vaccin, avec par exemple les difficultés dans certains quartiers noirs paupérisés à prendre un rendez-vous en ligne.

Alors face aux fausses idées sur le coronavirus, le barbier a décidé de s'allier à un médecin afin de vanter les mérites des gestes barrières et des vaccins.

"Beaucoup des membres de la communauté afor-américaine ne font pas confiance aux entreprises pharmaceutiques. C'est la raison pour laquelle ils refusent d’aller chez le médecin jusqu’à ce que leur bras soit sur le point de tomber!" explique Mike Brown.

Aux théories complotistes entendues sur les réseaux sociaux, Mike Brown renvoie statistiques, données, et citations d’experts. Sur les quatre murs rouges de l’établissement, des affiches de prévention contre la Covid-19 se mêlent désormais aux coupures de presse et à une horloge à l’effigie de Barack Obama.

"Ils sont simplement trompés par la désinformation. Quand vous leur posez des questions, ma préférée c'est : "Si la vaccination est le plan A pour arrêter la propagation du coronavirus, et que vous ne voulez pas être vacciné, quel est votre plan B, scientifiquement parlant, qui va arrêter la propagation du coronavirus ? Et ils ne peuvent jamais répondre à la question".

Tuskegee, aux racines de la défiance de la communauté afro-américaine

Aux Etats-Unis, beaucoup ont encore en tête les expériences médicales de l'étude de Tuskegee, menées sur des afro-américains entre 1930 et 1970, dans le sud des Etats-Unis. Pendant 40 ans, des scientifiques employés par les autorités américaines ont étudié les effets de la syphilis sur des hommes noirs, sans leur fournir de traitement, afin d'observer l'évolution de l'infection. Mais pour ce client, ce passé ne doit pas voiler la réalité du virus auquel le monde fait face aujourd'hui.

"Je suis pragmatique. Je connais bien les problèmes auxquels nous avons été confrontés dans l'Histoire, mais il s'agit d'une pandémie mondiale. Ce n'est pas comme si quelqu'un se concentrait sur la communauté noire et disait : "Nous vous attaquons avec ce virus!", explique Bryan Ayers.

A force de parler, certains changent d'avis. Trois de ses clients un temps vaccino-sceptiques sont depuis allés recevoir leurs doses.

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